Me Abdoulaye WADE : champion toutes catégories confondues de l’émancipation politique des Sénégalaises
Par Abba BA
Le signal envoyé par le gouvernement LO n’honore pas la célébration du centenaire de la naissance du Président Abdoulaye Wade qui a grandement contribué à l’émancipation politique des Sénégalaises. Son magistère a brisé les schèmes qui reléguaient les femmes à des postes subalternes.
Me Wade restera notamment dans les annales de l’histoire comme le premier Président sénégalais à avoir nommé une femme au poste de Premier ministre, en la personne de Mame Madior Boye, ouvrant ainsi la voie à une présence féminine accrue au sommet de l’État tant au niveau gouvernemental que législatif. Son régime a également favorisé l’accès des femmes à des ministères stratégiques et à de hautes fonctions administratives et judiciaires.
Vingt ans après ces avancées, le contraste est saisissant. La dynamique enclenchée semble aujourd’hui marquer le pas aux portes de l’exécutif. Certes, le Sénégal n’est plus au niveau des années 1980 où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main au sein des gouvernements. Mais au regard des acquis de la parité et des avancées enregistrées depuis deux décennies, la composition actuelle de l’exécutif donne le sentiment d’un essoufflement, voire d’un recul de l’ambition portée en faveur de la représentation politique des femmes.
Le nouveau gouvernement perpétue une réalité devenue presque banale : lorsque vient le moment de distribuer les portefeuilles ministériels, les femmes restent cantonnées à quelques secteurs considérés traditionnellement féminins ou sociaux. Famille, action sociale, jeunesse… Les ministères stratégiques liés à l’économie, aux finances, à l’intérieur, à la défense ou aux infrastructures demeurent largement l’apanage des hommes.
Plus troublant encore, cette nouvelle équipe reproduit presque à l’identique la composition du gouvernement précédent, qui comptait déjà seulement quatre femmes. Comme si la question de la représentation féminine n’était ni une priorité politique ni un enjeu de gouvernance.
Pourtant, les compétences féminines ne manquent pas. Dans l’administration, le secteur privé, les universités, la société civile ou les collectivités territoriales, de nombreuses femmes disposent de l’expérience et de l’expertise nécessaires pour occuper les plus hautes fonctions de l’État. Le problème n’est donc pas celui du vivier, mais celui de la volonté politique.
À l’heure où l’on affiche l’ambition de bâtir un Sénégal plus juste et plus inclusif, la faible place accordée aux femmes au sein du gouvernement laisse un goût d’inachevé. Car une transformation profonde du pays ne peut se faire en laissant les femmes aux marges du pouvoir.