Par Abba BA
Un incident protocolaire a émaillé la cérémonie officielle du festival Pencum Niany, à Koumpentoum. Dans une vidéo devenue virale, on voit toute l’assistance se lever pour saluer l’arrivée de la préfète du département, Mme Safiatou Joséphine Dieng, à l’exception de deux députés du parti Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow.
Selon plusieurs sources médiatiques locales, l’autorité administrative leur aurait alors demandé de se conformer au protocole ou de quitter la tribune officielle, ce qui aurait provoqué un moment de tension. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, continue de susciter des réactions contrastées.
Face à la polémique, la préfète Safiatou Joséphine Dieng a rappelé l’importance du respect des principes républicains. « Se lever lors d’une cérémonie officielle, respecter les symboles de l’État, ce ne sont pas des formalités. Ce sont des gestes qui expriment notre attachement à l’unité nationale, à l’autorité de l’État et au bien commun », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter : « Nous pouvons avoir des opinions différentes, des parcours différents, mais lorsque nous sommes rassemblés sous les symboles de la République, il n’y a qu’une posture qui nous honore, celle du respect ».
Au-delà de l’incident, cette séquence met en lumière un enjeu plus profond : celui de l’incarnation de l’autorité dans l’espace public et institutionnel par les femmes. Une épreuve pour celles qui exercent pleinement leur autorité et sans faiblesse.
Le protocole républicain, socle de l’ordre institutionnel
Les rapports entre autorités administratives et élus, ainsi que sur les exigences du protocole républicain lors des manifestations officielles font l’objet d’un décret – n° 99-252 du 19 mars 1999- qui fixe l’ordre de préséance des corps et autorités à l’occasion des cérémonies publiques. Ce texte rappelle que les autorités prennent place selon un ordre strict, déterminé par leur fonction. Hors de Dakar, cette hiérarchie s’organise autour de l’autorité administrative locale : le gouverneur au niveau régional et le préfet au niveau départemental. Cette organisation traduit la primauté de la représentation de l’État dans l’espace territorial.
Il convient également de rappeler que ce n’est pas la première tension entre la préfète et le député Moussa Mbaye. Fin 2025, une opération de déguerpissement avait déjà donné lieu à un affrontement verbal. Le député avait dénoncé une « dérive autoritaire », tandis que la préfète défendait une action encadrée, précédée de recensements, de sensibilisation et de sommations réglementaires.