Les femmes : nouvelles victimes des politiques de développement
Par Mousso.sn
Près de 90 % des organisations internationales offrant des services aux femmes ne sont plus en mesure de satisfaire leurs besoins actuels, regrette un nouveau rapport d’ONU-Femmes. Cette situation inédite depuis le lancement des programmes de développement dans les pays du Sud survient après les orientations prises par la plupart des États occidentaux de réformer leurs orientations et politiques de financement.
« Tandis que les conflits armés atteignent leur niveau le plus élevé depuis 80 ans, les organisations qui dispensent des services vitaux aux femmes et aux filles sont à court d’argent », selon le bulletin d’ONU-Femmes qui s’appuie sur les données recueillies auprès de 855 organisations versées dans la défense des femmes et évoluant dans 52 pays touchés par des crises et conflits.
Cette situation intervient avec la révision des politiques de développement de la plupart des grands pays occidentaux depuis le démantèlement en février 2025 de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). La quasi-totalité des organisations humanitaires opérant en Afrique et dans les autres régions ont arrêté leurs activités après l’épuisement des financements obtenus. L’USAID a été créée en 1961 par le président John Fitzgerald Kennedy.
Le Royaume-Uni a suivi la même tendance en réduisant drastiquement l’aide au développement allouée aux pays Africains. En début 2025, le gouvernement britannique avait aussi décidé de réduire le budget alloué à l’aide au développement de 0,5 % à 0,3 % de son PIB pour financer une hausse de ses dépenses en défense. En sus de cette baisse, d’ici 2029, le budget alloué bilatéralement aux pays pauvres du continent connaitra une chute de plus de 90 %.
La même tendance s’observe depuis quelques années aussi avec la France qui a considérablement réduit le budget de l’Agence française pour le développement (AFD). En 2025, l’aide publique au développement a connu une baisse de 50 %.
Selon l’OCDE, a été constatée au cours des deux dernières années une baisse de plus de 60 milliards d’euros de l’aide mondiale au développement. Une situation qui repose toute la géopolitique du développement et de ses enjeux.