Mort de Khady Sow à Guédiawaye : les zones d’ombre d’un possible féminicide
Par Mousso
Le drame survenu à Guédiawaye autour de la disparition de Khady Sow continue de susciter une vive émotion et de nombreuses interrogations, sur fond de soupçons de féminicide. Enceinte de sept mois, l’influenceuse TikTok, active dans la vente de bijoux en ligne, est décédée le 20 mars 2026, à la veille de la célébration de la Korité.
Dès les premières heures, les circonstances de sa mort ont intrigué aussi bien ses proches que les habitants du quartier. Rien, selon son entourage, ne laissait présager un tel drame. La veille de la fête, Khady Sow aurait passé une soirée ordinaire, entre tâches domestiques et échanges téléphoniques avec sa mère jusque tard dans la nuit. C’est dans ce contexte apparemment banal que la nouvelle de sa mort est survenue brutalement, plongeant sa famille dans une profonde incompréhension.
Mais c’est surtout l’autopsie qui a bouleversé la lecture des faits. Les premiers résultats, jugés préoccupants, ont conduit les autorités à écarter l’hypothèse d’une mort naturelle pour privilégier une piste criminelle. Une évolution majeure qui ouvre la voie à la qualification possible de féminicide, un phénomène encore trop souvent sous-estimé et difficile à documenter.
Dans la foulée, le commissariat central de Guédiawaye a ouvert une enquête approfondie afin d’établir les circonstances exactes du décès. Très rapidement, les investigations se sont orientées vers le cercle familial. Le mari de la victime, identifié comme M. Seck, a été convoqué puis placé en garde à vue. Une décision visant à confronter ses déclarations initiales, évoquant un malaise, aux premiers éléments de l’enquête.
Une perquisition a été menée au domicile conjugal, permettant la saisie des téléphones portables de la défunte, devenus des pièces clés. Les enquêteurs cherchant à reconstituer les dernières heures de Khady Sow, à analyser ses échanges et à identifier d’éventuels signaux d’alerte ou tensions préexistantes.
Malgré ces avancées, plusieurs zones d’ombre persistent et nourrissent les suspicions. L’un des éléments les plus troublants concerne la gestion des suites immédiates du drame. Selon la famille, le corps a été rapidement évacué vers l’Hôpital Roi Baudouin, dans des conditions jugées inhabituelles. Certains proches s’interrogent notamment sur la précipitation de ce transfert, intervenu avant même l’arrivée du père de la victime. Dans l’attente des conclusions de l’enquête, cette affaire relance le débat sur les violences faites aux femmes et la nécessité de mieux prévenir, détecter et qualifier les féminicides, afin que de tels drames ne restent ni incompris ni impunis.