Magal de Porokhane : Hommage à Soxna Diarra Bousso, matrice spirituelle du mouridisme

La communauté mouride a célébré, ce jeudi 29 janvier 2026, le Magal de Porokhane dédié à Soxna Diarra Bousso, mère du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (1853-1927). Cette manifestation religieuse revêt un caractère tout particulier : elle est la seule du genre consacrée à une femme, témoignant de la place centrale qu’occupent la femme et la mère dans la spiritualité mouride. Elle rend hommage à celle que les fidèles appellent avec respect Sokhna Mame Diarra Bousso (1833-1866), figure de foi, de dignité et de grandeur morale.
Faisant partie des plus importants événements religieux de la confrérie mouride, le Magal de Porokhane a été commémoré pour la première fois en 1951 par Cheikh Mouhamadoul Bachir Mbacké (1895-1966), quatrième fils de Cheikh Ahmadou Bamba. Depuis, chaque année, des milliers de pèlerins venus de tous horizons convergent vers la cité religieuse de Porokhane, située à environ 12 km de la commune de Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, pour se recueillir à la mosquée abritant la tombe de la sainte mère de Serigne Touba.
À l’occasion de cet événement, les fidèles se recueillent également auprès du puits autrefois fréquenté par la vénérée Soxna Mame Diarra Bousso, considéré comme une source d’eau bénie. Ces lieux symbolisent la profondeur de son empreinte spirituelle et l’attachement indéfectible des disciples à celle qui demeure une référence spirituelle et morale.
Un héritage spirituel reconnu au plus haut niveau de l’État
Devenu un rendez-vous majeur du calendrier religieux au Sénégal, le Magal de Porokhane accueille chaque année une délégation gouvernementale représentant l’État lors de la cérémonie officielle. Cette année, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a conduit la délégation pour transmettre le message d’hommage de l’État à cette femme d’exception.
« Nous sommes aujourd’hui dans le fief d’une sainte femme, Sokhna Diarriatoulahi Bousso, un symbole dans le monde entier. Elle est d’une exemplarité remarquable. C’est grâce à elle que nous avons Cheikh Ahmadou Bamba. Sokhna Diarra est un exemple pour les générations. Le Magal montre l’importance qu’accorde la communauté mouride à la femme, qui est au centre de la communauté et de l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba […] », a déclaré le ministre.
Le daara Mame Diarra Bousso : transmettre l’exemple d’une grande femme
Au-delà du Magal annuel, Porokhane abrite l’une des écoles coraniques les plus célèbres du Sénégal, voire de la sous-région : le daara Mame Diarra Bousso. Cet établissement a la particularité d’accueillir exclusivement des jeunes filles, toutes homonymes de la mère de Serigne Touba. Ce choix symbolique perpétue la mémoire de Soxna Diarra Bousso et érige son nom en modèle pour les nouvelles générations. Venues de toutes les régions du Sénégal et de la diaspora, les pensionnaires y étudient le Coran et les fondements de l’islam en régime internat, dans l’esprit de piété, de discipline et de dignité qui caractérisait celle dont elles portent le nom.
À travers ce Magal, c’est donc bien plus qu’une commémoration qui se joue : c’est la reconnaissance d’une femme dont la force spirituelle, le rôle éducatif et la foi profonde ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire religieuse du Sénégal. Soxna Mame Diarra Bousso demeure, pour les mourides, l’illustration vivante de la grandeur silencieuse des femmes de foi.