Dakar : la galère des étudiantes à la recherche d’un logement
Par Aissatou Diallo
À Dakar, la recherche de logement est une vraie galère pour des étudiantes. Loyers chers, cautions excessives et refus des propriétaires rendent la recherche de logement presque impossible autour de l’UCAD.
En cette période de rentrée universitaire, l’enthousiasme des nouveaux bacheliers cède rapidement la place à l’angoisse. À Dakar, trouver un logement décent à un prix abordable relève du parcours du combattant, en particulier pour les étudiantes venues des autres régions du pays. Dans les quartiers populaires de la Médina et de Colobane, situés à quelques encablures de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), de jeunes femmes sillonnent ruelles et agences immobilières dans l’espoir de dénicher une chambre disponible.
Awa Manga, nouvelle bachelière originaire d’Oussouye, ayant réussi un concours pour intégrer un institut de l’UCAD, fait partie de ces étudiantes confrontées à la dure réalité du logement universitaire hors campus. Depuis plusieurs semaines, elle multiplie les démarches auprès des agences immobilières des environs de l’UCAD, sans succès. « La quête d’un logement s’annonce particulièrement difficile à Dakar. Les loyers autour du campus sont exorbitants, sans compter la caution et les frais de commission des courtiers », se désole-t-elle, le visage marqué par la fatigue. À cela s’ajoute une autre difficulté, plus inattendue : le refus catégorique de certains propriétaires. « Je ne m’attendais surtout pas à autant de méfiance. Beaucoup de propriétaires refusent de louer à des étudiantes. À deux reprises, mon tuteur s’est déplacé jusqu’à Dakar pour m’accompagner et leur fournir toutes les garanties possibles, mais en vain », confie-t-elle, visiblement découragée.
Même son de cloche chez Coumba Sarr. Malgré un budget revu à la hausse et des exigences fortement réduites, elle peine toujours à trouver un logement décent. Face à cette impasse, elle n’a eu d’autre choix que de faire quotidiennement la navette entre Mbour et l’UCAD pour assister à ses cours. Une situation éprouvante, tant sur le plan financier que physique. « Les cautions exigées, ajoutées à la commission du courtier, représentent parfois presque le triple du loyer mensuel. C’est inadmissible. Il n’y a aucun encadrement ni réglementation claire. Avec la forte demande autour du campus, la situation devient encore plus compliquée», déplore-t-elle.
Alima Ndong, elle, a choisi l’anticipation pour éviter le pire. Dès les vacances universitaires, elle s’est lancée dans la recherche d’un logement. Pourtant, même en s’y prenant tôt, il lui a fallu près de deux mois pour obtenir une chambre à Colobane. « Je savais que je ne pouvais pas attendre la rentrée. Avec des cours de 8 heures à 17 heures, il m’était impossible de chercher un logement en même temps. En plus, habiter à Colobane me permet de réduire considérablement les frais de transport, la distance étant raisonnable »,explique-t-elle.
Ces témoignages illustrent une réalité persistante : la crise du logement étudiant à Dakar, aggravée par la spéculation immobilière, l’absence de régulation et l’insuffisance de résidences universitaires. Une situation qui compromet, pour de nombreuses étudiantes, des conditions d’apprentissage sereines et équitables dès le début de l’année académique.