Droits des femmes : des organisations dénoncent l’instrumentalisation du Protocole de Maputo
Par Mousso.sn
La protection des droits des femmes est-elle menacée ? En tout cas, la société civile féministe est montée au créneau pour défendre le Protocole de Maputo, après des déclarations remettant en cause sa ratification par l’État du Sénégal. Dans un communiqué rendu public, le 18 février dernier, elle dénonce une « instrumentalisation » d’un texte juridique africain consacré aux droits des femmes.
Cette réaction fait suite à une conférence de presse tenue le 16 février 2026 par l’organisation And Saam Jikko Yi, au cours de laquelle la ratification du Protocole de Maputo par le Sénégal a été remise en question. Les signataires du communiqué ont tenu ainsi à clarifier ce qu’ils considèrent comme une confusion entretenue dans le débat public. Selon les féministes, le Protocole de Maputo : «n’a aucun lien avec la question de l’homosexualité ».
Officiellement intitulé Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, ce texte constitue un instrument juridique régional visant à protéger et promouvoir les droits des femmes et des filles, notamment en matière de santé, d’intégrité physique, de participation politique et de justice sociale.
Ratifié par le Sénégal en 2004 sans réserve, le protocole est présenté comme un engagement ferme de l’État en faveur des droits des femmes. Les organisations féministes rappellent que sa validité « ne saurait être remise en cause par des interprétations politiques ou idéologiques populistes ».
« Une manipulation préjudiciable au débat public »
Dans leur déclaration, les organisations estiment que toute tentative d’établir un lien entre le protocole et des questions qui ne relèvent pas de son champ normatif constitue une « manipulation » et contribue à une confusion nuisible au débat démocratique.
Elles dénoncent également les « mouvements anti-droits » qui, selon elles, s’inscrivent dans une dynamique de désinformation visant à faire reculer les acquis en matière de droits des femmes.
Pour les signataires, instrumentaliser ce texte juridique africain détourne l’attention des véritables enjeux comme la lutte contre les violences patriarcales. Sans oublier, les discriminations et les inégalités persistantes que subissent encore de nombreuses femmes sur le continent.
En définitive, les organisations appellent les autorités publiques, les leaders d’opinion, les médias et l’ensemble des parties prenantes à fonder leurs prises de position sur une analyse juridique rigoureuse du texte. Elles plaident, à cet effet, pour un débat « éclairé », respectueux des principes de responsabilité démocratique et de l’État de droit.