Création d’un Observatoire de l’égalité dans les Armées pour une transformation institutionnelle inclusive
Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade, chef d’état-major général des Armées (CEMGA), a lancé un appel pour le renforcement de la place et des droits des femmes au sein de l’institution militaire, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.
« Les femmes servent avec honneur et distinction dans nos rangs contribuant de manière décisive à l’excellence opérationnelle et au rayonnement de nos armées, mais nous devons aller plus loin. L’égalité effective entre hommes et femmes n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est une exigence de justice, un impératif dans la gestion des ressources humaines. Les femmes militaires apportent une approche spécifique, différenciée des problématiques sécuritaires et une capacité particulière en ingénierie sociale nécessaire au contact des civils lors des opérations.»
La promotion de l’égalité entre femmes et hommes constitue un enjeu stratégique pour l’efficacité opérationnelle et la crédibilité des Forces armées, d’où l’importance de renforcer des programmes de formation sur les questions de genre et d’établir des partenariats avec des organisations spécialisées dans la promotion des droits des femmes.
Rendant hommage aux « femmes militaires », le chef de l’Armée sénégalaise, a annoncé la mise en œuvre de cinq axes d’action prioritaires pour garantir l’égalité des chances dans les carrières professionnels, renforcement de la protection contre toutes les formes de violence et de harcèlement avec la mise en place des mécanismes renforcés de signalement, d’enquête et de sanction de comportements inappropriés, adaptation des structures et procédures aux spécificités féminines en améliorant les infrastructures d’hébergement et d’hygiène, la prise en compte des congés de maternités dans les parcours de carrière et le développement des services de garde dans les garnisons, promotion de la représentativité féminine aux postes de responsabilité et l’instauration d’une culture militaire plus inclusive et respectueuse.
Le chef d’état-major général a, toutefois, relevé « des défis persistants comme les inégalités dans certains parcours de carrière, la sous-représentation des femmes dans des domaines d’expertise, les défis liés à la conciliation de la vie familiale et professionnelle, les préjugés et comportements inappropriés. Des défis qui ne sont pas insurmontables, mais qui exigent une approche systémique, une volonté forte et un engagement de tous les échelons de commandement. »
Il n’a pas hésité à dénoncer « certains incidents regrettables qui ont porté atteinte à la dignité des femmes militaires. Des situations bien qu’isolées mais inacceptables et qui appellent des réponses fermes et déterminées de l’institution.»
Saluant les avancées réalisées en matière d’intégration des femmes dans l’Armée, M. Wade a soutenu que des armées « plus justes et plus inclusives seront aussi plus fortes et plus efficaces. »