Le syndrome de choc toxique (SCT) lié à l’utilisation des protections hygiéniques : une maladie grave et invisible
Par Aïssatou Diallo
Le syndrome de choc toxique lié à l’utilisation de serviettes hygiéniques est une maladie grave et invisible. Peu connu, il peut nuire à la santé des femmes.
Dans la petite chambre qu’elle partage avec une amie, Amina hésite avant de raconter son histoire. Depuis plusieurs mois, cette étudiante en licence d’Histoire vit avec un inconfort permanent qui perturbe son quotidien.
« Cela fait trois mois que j’ai des démangeaisons et des irritations après l’utilisation de serviettes hygiéniques d’une marque populaire. Je fais très attention quand je sors. J’ai des écoulements jaunâtres avec une odeur désagréable et des démangeaisons constantes. Je suis sous traitement, mais ce n’est pas encore parti », confie-t-elle.
Dans la même colocation, Colé garde un souvenir marquant d’un épisode survenu en pleine période d’examens « J’avais gardé mon tampon toute la journée. Je ne pensais pas que ça pouvait être dangereux. La nuit, j’avais très soif, de la fièvre, une migraine atroce et vomissais partout. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je souffrais du syndrome de choc toxique. J’ai perdu un semestre complet parce que je pouvais pas marcher correctement », raconte-t-elle encore bouleversée.
Le syndrome de choc toxique (SCT) est une infection grave liée à certaines bactéries pouvant se développer lors du port prolongé de tampons. Bien que rare, cette maladie peut évoluer rapidement si elle n’est pas prise en charge à temps. Le risque augmente lorsque le tampon est porté trop longtemps, les bactéries prolifèrent au-delà des durées recommandées. D’où l’importance d’éviter de le garder plus de quatre heures, car le SCT peut entraîner des complications nécessitant une amputation, voire la mort.
Et au-delà du risque infectieux, la composition chimique des protections menstruelles suscite également des inquiétudes croissantes. En effet, certaines études scientifiques ont mis en évidence la présence de métaux toxiques, notamment le plomb, l’arsenic et le cadmium, dans certains tampons analysés en laboratoire. Ces substances sont connues pour leurs effets potentiellement nocifs sur la santé humaine en cas d’exposition importante ou prolongée : troubles neurologiques, atteintes d’organes ou maladies chroniques dans certains cas.
Cependant, les chercheurs restent prudents. À ce stade, il n’est pas encore établi si ces métaux peuvent être libérés lors de l’utilisation et pénétrer réellement dans l’organisme.
Entre nécessité sanitaire et vigilance
L’autre problème, c’est le manque d’information claire sur la composition des protections hygiéniques. Entre le tabou persistant autour des menstruations et l’absence d’étiquetage détaillé sur certains produits, de nombreuses femmes les utilisent sans connaître précisément les substances qui les composent. Or, les serviettes hygiéniques demeurent indispensables pour des millions d’entre elles. C’est pourquoi, il est essentiel de suivre certains conseils des professionnels de la santé pour minimiser les risques. Il s’agit, entre autres, de changer régulièrement les protections, de respecter les durées d’utilisation et d’aller consulter rapidement en cas d’irritations persistantes ou de symptômes inhabituels.