Première condamnation d’un impensé social, le viol conjugal, en 2017
Par Anna LY
Comment matérialiser une relation non consentie entre époux dans une société où la conjugalité est basée sur l’obéissance absolue au mari ? En 2017, un juge sénégalais s’est prononcé sur la problématique du viol conjugal.
“Dans un jugement rendu le 08 juin 2017, pour la première fois, un Tribunal de grande Instance, en l’occurrence celui de Saint-Louis, a reconnu le viol conjugal.
Dans ce jugement, le Tribunal a considéré que le législateur, en visant dans l’article 320 du Code Pénal (CP) « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit », n’a pas entendu soustraire l’époux.
Par ailleurs, ajoute le Tribunal, l’obligation de cohabitation de la femme, incluant les relations sexuelles, constitue une obligation de faire qui ne peut faire l’objet d’une exécution forcée et dont la violation est constitutive de faute civile pouvant justifier le divorce.
En conséquence, le juge correctionnel a estimé que se rend coupable de viol, l’époux qui, au moyen d’une contrainte physique, a commis sur sa femme des actes de pénétration sexuelle non consentis, dans un lieu autre que le domicile conjugal que celle-ci avait abandonné pour se réfugier auprès de ses parents à la suite d’une dégradation de leurs relations.”